__Je me retournais lorsqu'on m'interpella, et je souris. Edward me prit la main, et pour la énième fois de la matinée me demanda comment je survivais. C'était ma première journée à la fac, et j'étais assez fière de ma résistance en dépit des élèves qui me bousculer – bien qu'ils essayent souvent d'éviter de nous heurter, nous les Cullen. Mon amoureux était contraint de me posait des questions, il ne pouvait toujours pas lire dans mon esprit.
__Mes deux derniers mois avaient été très durs. Je n'avais aucuns souvenirs de ma morsure, mais Alice m'avait, après que je l'ai harcelé, expliqué que j'avais attaqué Edward. Ce qui expliquait la cicatrice en forme de demi-lune au creux de son cou. Il avait essayé de me le cacher, ce que j'avais au début très mal pris. Maintenant, j'arrivais à me contrôler... plus ou moins – exploit selon les autres, mais Carlisle expliquait cela par le fait que j'avais moi-même choisit d'être vampire.
__Pourtant mon physique n'avait pas beaucoup changé, ma situation non plus. Mes cheveux avaient poussé et leur couleur avait pris un agréable reflet roux. Ma peau avait une légère froideur, et mes yeux habituellement noirs étaient teintés de dorés, pas complètement, juste une lueur.
__J'étais complètement inexpérimentée, j'avais une force et une adresse nouvelle, que je ne savais pas doser... C'était quelques part un avantage, personne ne risquait de remarquer que j'étais un vampire, vu que j'étais toujours aussi maladroite, j'avais toujours besoin d'avoir Edward à mes côtés.
__– Tu m'épates, répétait ce dernier. Alice m'avait bien dit qu'il ne se passerait rien, mais j'avais du mal à y croire ! Tu n'as encore tué personne.
__Je toussotais d'un air faussement vexé lorsque sa s½ur nous rejoint, tout sourire, en me tapotant l'épaule, ce que je pris comme geste de félicitations – je fus incapable d'en cacher ma fierté.
__– Tu n'as pas encore développer de pouvoir, dit-elle avec sûreté. Sa m'intrigue, je me demande ce que...
__– Alice, coupais-je avec empressement en prenant mes cours. Je serais peut-être un vampire normal, comme Rosalie ou Emmett...
__– Non, non, s'obstina-t-elle en levant les yeux aux ciel, faisant un geste de la main, comme pour balayer ma supposition qui lui paraissait absurde, ce qui sembla amuser énormément Edward, que je fusillais du regard. Il est évident que tu vas développer un don, poursuivait-elle sans tenir compte de ma mou réticente. Aro lui-même en est convaincu ! Lorsque tu étais humaine, aucuns pouvoirs de vampires ne t'atteignait, alors je me demande si ta défense spirituelle va...
__L'ignorant, je me dirigeais vers ma salle de cour, accompagnée par mon mari qui prit ma main. Si j'avais encore pu, j'aurais rougi. Mais je resserrais l'étreinte de nos doigts enlacés, ce qui eut le don de déclancher chez les élèves autours de nous des murmures que je percevais clairement. Certains étaient flatteurs, mais d'autres plutôt irritable, et je me retenais de me retourner pour jeter un regard noir aux bécasses derrière nous qui à présent riaient méchamment.
__Le soir, en revenant, je m'asseyais directement, saisissant ma gorge. Petty O'maley était sans doute plus malchanceuse que moi, aucun doutes là-dessus, pour se couper le doigt avec sa feuille lorsqu'il y avait deux vampires dont une nouveau-née dans sa salle de cours.
__Maintenant, je savais. J'avais pleinement conscience de ce que j'étais devenue. Je n'avais peut-être pas réalisé, car je n'avais eu ce sentiment de besoin qu'une seule fois à ma transformation – la soif, mais le sang ne suffisait pas, il fallait celui d'humains. La scène avait été rapide, pas violente, car mon amoureux avait été là et Alice avait fait irruption dans la pièce, m'étreignant avec force pour me retenir de poser mon regard sur la friandise. J'avais eu le temps de me lever frénétiquement vers elle, les yeux dévorés par la gourmandise, fixés sur le liquide rouge et acide qui me faisait tant envie. Edward m'avait saisi le bras avec une douceur ferme, et avait déclaré au professeur que je n'avais pas pris mes médicaments. J'avais voulu pleurer, verser des larmes pleines de haine qui aurait rendu mon visage humide, teintant mon visage d'un rose vif qui aurait représenté cette colère envers moi-même. Mais ma peau avait pâlit, j'avais ouvert la bouche pour laisser échapper un cris, seul un faible murmure s'en était allé. Recroquevillée sur moi-même, je gardais cette expression de douleur, une douleur invisible que j'essayais d'esquiver, pas d'affronter.
__Alors, j'aurais voulu avoir mal au c½ur, comme pour me convaincre que j'en avais bien un. C'est également à ce moment-ci que j'ai sentie la froideur de ma propre peau, qui m'avait auparavant simplement semblé tiède. Mes mains tremblantes sur mes joues, le bout de mes doigts agrippant ma mâchoire, à genoux devant ce que je ne pouvais fuir – moi.
__Le cuir noir du fauteuil contre ma peau de marbre, je tournais les yeux vers Edward qui me souriait tristement. Je ne voulais pas qu'il culpabilise, je me levais et attrapait vivement son col.
__– Pardon, je n'ai pas réussi à...
__– Pourquoi est-ce toi qui t'excuse ? s'emporta-t-il. C'est à cause de moi que tu as subi ça. Tu as souffert ! Sais-tu comme j'avais mal de te voir dans cet état par ma faute ?
__– Ce n'est pas ta faute Edward, me bornais-je. Sa me passera, tu m'avais prévenu que sa serait dur, et trop sûre de moi, je n'ai pas vu le danger venir. Je n'ai pas été assez prévenante, ni...
__– Tais-toi.
__– Si tu veux me faire taire, embrasse-moi, répliquais-je sur le ton d'un défi.
__Avec délice, je sentais ses lèvres se collaient aux miennes, ses mains fourrageaient mes cheveux, et me sentais glissé à nouveau dans le fauteuil, mes mains posées avidement sur ses omoplates. Plus rien n'aurait su m'atteindre si ce n'était l'amour dans ses yeux que je ne méritais pas. En acceptant de devenir sa femme, lui avais-je vraiment fait honneur après ce qui s'étais passé aujourd'hui ? Les souvenirs que j'avais de lui, ce visage qu'il avait contraint de ne pas pouvoir m'approcher plus quand j'étais humaine, me revenaient. Il ne m'avait jamais sauté dessus, profitant de la moindre occasion qui se serait présentée pour me mordre.
__Jamais.
__Depuis ma transformation, je n'avais vécue sa qu'une fois, et sa avait été lui qui en avait fait les frais. J'avais maintenant deux mois, et je refusais qu'une nouvelle fois une vie soit mise en péril par ma faute – bien qu'il prétende que ce fut la sienne. Il n'était plus question que je sois un irresponsable vampire, maintenant que je savais de quoi j'étais capable, je saurais éviter ce genre de problèmes, voilà ce dont je réussis à me convaincre. Une fois de plus, je n'arrivais à mesurer mon amour pour Edward.
__Le lendemain, profitant du week-end, nous allions faire un tour dans la forêt. J'avais proposé sa, car chose que je tentais de cacher bien que je fus sûre qu'il l'avait percé je voulais trouver une clairière qui aurait ressembler à la nôtre, à Forks, la première fois où il m'avait fait une démonstration. Cette scène incroyable où il avait étincelé au soleil... Même si maintenant le soleil aurait les mêmes effets sur moi, je doutais d'être aussi belle et fascinante que lui – évidemment, c'était toujours le même drame de la pucelle et de l'ange, même maintenant, je ressentais sa. Alors que main dans la main nous évitions les racines à terre, il releva la tête soudain, geste que je ne tardais à imiter. Cette femme était comme nous, et je la reconnu, malgré tout ce temps – deux mois et quelques jours.
__Ces cheveux noirs, ses yeux reflétant un éclat d'innocence jurant avec sa nature qui maintenant posaient sur nous. Elle avait l'air d'une enfant, en dépit de sa vingtaine assurément passée et sa grande taille qui rappelait la carrure d'un mannequin. La dernière fois que je l'avais entrevue, c'était dans un fast-food, elle n'avait été qu'un pauvre vampire dévoré par la douleur, apparemment quittée de celui qu'elle aimait. Edward avait lu ses pensées et avait semblé désolé.
__Elle s'approcha de nous d'une démarche gracieuse mais raide, droite, nous regardant comme si l'on était des connaissances qu'elle n'avait plus vues depuis longtemps. Je me demandais quel danger, quelle menace, se cachaient derrière son air candide et ce visage vierge de toutes mauvaises intentions. Elle entrouvrit les lèvres d'un rouge naturel qui n'était pas marqué de maquillage, pour parler, mais se tut. Sa peau blanchâtre était sans une imperfection – bien sûr.
__C'est là que mon pouvoir, pour répéter l'expression d'Alice, s'est développé. Prenant ma tête entre mes mains, je tombais à genoux sur le sol couvert de branches de sapins, et de racines terreuses.
__– Bella ? Bella !
__Deux yeux noirs au reflet doré aussi légers que les miens se posèrent sur moi.
SWEET PEPPER ©
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